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De par sa situation géographique et son éloignement du continent, l'île de Sein doit être autonome dans la production de son eau potable. Une prise de conscience avant l'heure de la nécessité d'être économe ? Plutôt une habitude naturelle étant donné le contexte :

Ici, pas de nappe phréatique ni de source naturelle. Quelques anciens puits, alimentés par l'eau de mer naturellement pré-filtrée par le sol et dans lesquels on puisait autant que possible l'eau de surface, le sel se déposant au fond. Mais pour l'essentiel, des citernes individuelles et communales récupérant l'eau de pluie et qui témoignent encore de la conscience de la rareté de l'eau douce, même si aujourd'hui, la plupart des maisons sont raccordées au réseau communal de distribution, en complément de leur citerne.

Autrefois...
De tous temps à Sein, on a récupéré l'eau de pluie dans des citernes où l'on mettait une anguille pour en assurer l'entretien naturel.

Cependant " l'eau de pluie dégouttant des toits paraissait si fade aux sénans que beaucoup lui préféraient celle du puits de St Gwénolé " nous raconte le R.P. Richard dans son histoire de l'île.


Ce puits St Gwénolé, à ciel ouvert, construit depuis des siècles et que l'on abordait par un escalier en pierres, s'alimentait à deux sources marines qui perdaient de leur salinité en se filtrant à travers un sol silico-argileux, légèrement ferrugineux.
Dès qu'il pleuvait l'eau était souillée par le va-et vient des gens en sabots. Mais en dépit de son insalubrité, ce puits fut la providence des insulaires. Son niveau variait avec la fluctuation des marées et il ne connut jamais de tarissement.

(Ce puits se trouve sur la petite place de l'agence postale, sous la dalle de béton qui en ferme aujourd'hui l'accès) D'autres points d'eau furent décelés dont un dans le voisinage de la chapelle St Corentin (encore visible aujourd'hui).

 


Puits et citernes s'avérant insuffisants, le Conseil municipal adressa une pétition au Préfet en 1866 pour demander la construction d'une citerne collective. Jugé trop coûteux, le projet fut abondonné.

 

Il fut réalisé 30 ans plus tard,au Nifran.

(on peut encore voir les pompes, près du calvaire)

 


En 1956, lorsque le toit de la nouvelle église fut refait, on installa une canalisation pour récupérer l'eau de pluie et alimenter le réservoir municipal qui fut agrandi.

 

 



Mais le manque d'eau n'est pas rare : il faut alors appeler un bateau-citerne de la Marine.

 

Modernisme et tourisme vont aggraver la situation de risques de pénurie : par le gonflement de la population en été et l'introduction de système de toilettes et autres inventions domestiques modernes, grands consommateurs d'eau.

... plus récemment...
 

 

 

1972 : le Conseil Général vote une subvention pour l'installation d'une unité de traitement de l'eau saumâtre des puits du phare et de St Corentin. Trop coûteux en électricité, ce système fut rapidement abandonné.
1978 : Il faudra attendre cette date pour qu'un nouveau procédé soit mis en oeuvre. C'est un "bouilleur" dans lequel l'eau de mer est portée à ébullition, la vapeur étant ensuite refroidie pour récupérer l'eau distillée. La capacité de production est de 25 m3 par jour soit environ 50 l par jour et par personne en été, ce qui exige de la part de tous une certaine discipline et beaucoup de mesure dans l'utilisation de cette denrée rare. Le stockage de l'eau pose également un réel problème. Une nouvelle citerne sera construite.
1985 : changement de bouilleur (SIDEM)

1997 : un nouveau modèle de "bouilleur" SIDEM à compresseurs est mis en service avec une capacité de production de 50 m3 par jour : largement suffisant hors saison mais encore un peu juste en été, même si l'on ne connait plus les coupures estivales d'il n'y a pas si longtemps.

(3 m3 d'eau de mer donnent environ 1 m3 d'eau douce et 2 m3 de saumure).


(extraits du Mouez Enez Sun n° 31 - mai 2001)


...Aujourd'hui

Juillet 2002 : osmoseur SH61-810 de la société SLCE Lorient, ayant une capacité de production de 80 m3/jour

Septembre 2008 : mise en place de l'osmoseur SLE08-08 de la société SLCE (Société Lorientaise de Constructions Electromécaniques, basée à Lorient). Plus performant en terme de production, il répond également aux exigences actuelles de réduction de la consommation électrique, d'autant plus importante à Sein que l'île produit sa propre énergie à partir des groupes électrogènes alimentés par du gas-oil. Il est en effet équipé d'un module de récupération d'énergie qui va permettre de récupérer 60 à 70 % de l'énergie perdue dans le rejet de saumure.

Capacité de production : 140 m3 par jour avec une consommation électrique nécessaire à la production d'eau douce largement inférieure à celle nécessaire précédemment.

 

Nouvel osmoseur SLE08_08
Ancien osmoseur SH61-810 servant aujourd'hui d'appareil de secours

Bilan comparatif des 3 systèmes :

Bouilleur SIDEM :

production : 40 m3/jour

puissance : 115 kW

Osmoseur SLCE SH61-808

production : 80 m3/jour

puissance : 37 kW

Osmoseur SLE08-08

production : 120 m3/jour

puissance : 15 kW

quantité de gas-oil nécessaire (pour alimenter les groupes électrogènes générant l'électricité) pour la production de 1 000 litres d'eau douce :
consommation : 25 L consommation : 2,5 L consommation : 1 L

Pour découvrir les aspects techniques du procédé et de l'appareil mis en service à l'île de Sein, vous pouvez consulter le dossier téléchargeable de la société SLCE Lorient.

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RESEAU DE DISTRIBUTION - COMPTEURS D'EAU

2011-2012 : acquisition (avec l'aide financière de la Région Bretagne et de l'Agence Ouest Cornouaille Développement) et changement de tous les compteurs d'eau en cours de réalisation. Ces nouveaux compteurs permettront de limiter les risques de fuites De plus, ils sont équipés d'un système de télé-relevé qui facilitera les relevés même en cas d'absence des propriétaires.

2012 : pose des compteurs réalisée à 80 %.

SECURISATION DU RESEAU DE DISTRIBUTION

IMPORTANT : il est rappelé aux usagers qu'il appartient à chaque propriétaire d'une installation raccordée au réseau communal d'eau potable de protéger ce dernier afin d'éviter tout risque de pollution par retour d'eau s'il dispose également d'un réseau privé (récupération d'eaux pluviales, puits,...).

Le réseau communal et le réseau privé doivent être physiquement séparés et clairement identifiés.

(pose d'un disconnecteur, clapet "anti-retour")

En cas de pollution du réseau d'eau potable, le premier responsable est le propriétaire de l'installation. S'il n'y a pas de protection ou si le disconnecteur n'a pas été contrôlé dans les 12 derniers mois, l'assurance peut ne pas couvrir les frais. De plus, la responsabilité civile aussi bien que pénale du propriétaire de l'installation peut être recherchée.

 

COÛT - QUALITE DE L'EAU
Régulièrement analysée par les services de la DDAS (résultats des analyses affichés en Mairie et mis en ligne sur ce site, rubrique "vie quotidienne" , onglet "l'eau au quotidien") l' eau douce produite est tout à fait potable et présente même des avantages, malgré son coût élevé (6,78 €/m3).
Très douce, nul besoin d'adoucissant ni d'anti-calcaire et les canalisations restent nettes. Cependant, pensez à n'utiliser que très peu de produit lessiviel ou de savon sinon, vous aurez quelque peine à rincer et vous risquez trop de mousse dans les lave-linge et lave-vaisselle !
De la production à l'évacuation : l'assainissement

 

Si la nécessité persiste d'économiser l'eau douce, ce n'est pas uniquement du fait de son coût et de la conscience de sa rareté. En effet, un autre problème se pose également en cas de gaspillage : la résorption de l'évacuation de toutes les eaux usées. L'île est exigüe, l'habitat du bourg est très serré, sur un sous-sol plus ou moins perméable, avec en certains points plus bas, des résurgences d'eau de mer.

Il n'y a pas de possibilité d'installer un système communal de traitement des eaux usées.


Il revient donc à chacun d'installer un assainissement individuel aux normes et de penser à l'entretenir régulièrement afin d'en assurer le bon fonctionnement.


C'est d'aillleurs là une donnée qui a de plus en plus tendance à être oubliée par les résidents occasionnels : habitués aux commodités urbaines, ils ne pensent pas à toutes ces exigences et c'est de plus en plus souvent que la Mairie est appelée pour des problèmes qui auraient pu être évités si les systèmes avaient été entretenus et utilisés correctement.

Côté facture : depuis 2008, une taxe "pollution" (nationale et évolutive) est ajoutée au coût de la production d'eau. D'aucuns ont été étonnés de la voir imputée à leur facture alors qu'ils ne consomment que l'eau de leur citerne. Or cette taxe s'applique à tous puisque, même si vous n'utilisez que votre eau de citerne, il est évident que vous la rejetez tout de même dans la nature une fois usée.

Quelques conseils utiles :
Citernes d'eau de pluie : pensez à les entretenir annuellement et à changer les filtres. Vérifiez le système de raccordement pour éviter fuites et bouchons. N'oubliez pas de vérifier la présence d'un clapet "anti-retour" (OBLIGATOIRE), à moins d'avoir 2 réseaux d'adduction bien séparés (citerne/eau communale)

Choix des produits lessiviels : optez si possible pour des produits lessiviels "écologiques" afin d'éviter l'auto-pollution. De plus, ces produits présentent souvent l'avantage d'être moins moussants.

Entretien du réseau d'évacuation des eaux domestiques et pluviales : pensez à nettoyer REGULIEREMENT les gouttières (surtout avant de fermer la maison pour les mois d'hiver !), à vider les bacs dégraisseurs ; évitez de vider directement dans l'évier des eaux trop grasses ou contenant des résidus trop gros qui vont plus vite encrasser vos canalisations et accroître les risques de bouchage, de débordements ou de remontées d'odeurs nauséabondes. N'oubliez pas les produits d'entretien usuel des fosses septiques et bacs dégraisseurs : ils ne remplaceront pas l'entretien manuel mais le seconderont efficacement.

Autant de petits gestes quotidiens qui vous éviteront bien des tracas, surtout en location lorsque les propriétaires ne sont pas sur place et que vous vous retrouvez démunis.

En cas d'absence, même de courte durée, n'oubliez pas de fermer votre arrivée d'eau au compteur. La commune n'est pas responsable et vous serez redevable de la facture.
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