SNSM - Sauvetage en mer

En 1967, la création de la S.N.S.M (Société Nationale de Sauvetage en Mer), issue de la fusion de la S.C.S.N (Société Centrale de Sauvetage des Naufragés) et des H.S.B (Hospitaliers Sauveteurs Bretons), a permis une uniformisation du sauvetage, un fonctionnement et une gestion plus globale.

A partir de la Direction Nationale fixée à Paris, le découpage se fait en Délégations régionales puis départementales. L'actuel délégué départemental du Finistère, l'Amiral Maurice, est en rapport avec chaque station. Le comité local est dirigé par un Président.

A noter que la S.N.S.M n'est pas une société nationalisée mais un organisme indépendant, subsistant grâce aux subventions nationales, régionales et départementales, aux facturations des sorties de sauvetage ou d'évacuations sanitaires et enfin, grâce aux dons généreux d'entreprises ou de particuliers.

 
Ti ar Vag Sauvetaj
Dons : se renseigner auprès du Président de la station de Sein (M. Jacques FOUQUET)
 
HISTORIQUE DE LA STATION DE SAUVETAGE DE SEIN

 

La station de Sauvetage de l'Ile de Sein fut créée le 9 décembre 1866 par la SCSN (Société Centrale de Sauvetage des Naufragés).

Cette 15ème création de station en France s'imposait :

- d'une part, par la dangerosité des parages de l'île :

Raz de Sein (= espace entre la Pointe du Raz et l'île) et

Chaussée de Sein (= espace entre l'île de Sein et le large d'Ar Men)

- d'autre part, par l'importante flotille de bateaux basée à l'Ile de Sein ou fréquentant ces lieux pour la pêche

- enfin, par la fréquence des passages de bateaux de commerce contournant la pointe de Bretagne.

emplacement de la station actuelle au Men Brial, depuis 1903
 
Les différents emplacements de la station de sauvetage de l'île de Sein (d'après "L'île de Sein et sa station de Sauvetage, de 1866 à nos jours", de Joseph FOUQUET)
(1) - Le premier abri du canot de sauvetage fut construit fin 1865 à Pordever et fut inauguré en mai 1867.  

(photo du Dr Damey : fête-Dieu auprès de l'abri du canot de sauvetage d'an aod Simon - Au fonc, c'est le 2ème canot que l'on peut voir : "Amiral Lalande")

(2) - En juillet 1878, le canot de sauvetage rejoint "an aod Simon" où s'est achevée la construction d'un nouvel abri, les sorties n'étant pas toujours possibles à partir de l'abri de Pordever. Cependant, quoique plus aisées, les manoeuvres de sorties restent encore difficiles...

(3) - Puis, en 1903, la Société Centrale de Sauvetage acquiert un terrain à Men Brial pour y construire un nouvel abri.

Une cale de lancement avec voie ferrée fut construite dans le prolongement de l'abri, ainsi qu'un brise-lame pour protéger la cale contre la houle. Ce dernier s'avérant insuffisant, un mur de défense sera édifié en 1909 sur toute la longueur de la cale.

De 1929 à 1931, une nouvelle cale avec voie ferrée est construite pour permettre les mises à l'eau à basse mer (la "cale ronde"). C'est l'ingénieur Fernand Crouton qui dirige les travaux, exécutés par l'entreprise MARC de Brest.

Cette cale, devenue inutile suite au déménagement de la station de sauvetage, a été détruite en 2012 par... la même entreprise MARC de Brest ! Les gravats ont servi de remblai pour conforter la digue de Korrijou/Tro-ar-c'he lors des travaux entrepris suite aux dégâts de la tempête de mars 2008.

v
Mise à l'eau du "Vice-Amiral Touchard" (remarquez le chariot de mise à l'eau)

(4) - Juillet 2011 : travaux de construction d'un nouveau local sur la cale Koz, pouvant accueillir la nouvelle annexe du canot de sauvetage et permettant la création d'une salle de réunion à l'étage.

2012 : ouverture de la nouvelle station

Les bateaux de sauvetage

Les premiers bateaux sont des canots à avirons et voiles. Longs d'une dizaine de mètres, ils comportent 10 postes de nage pour 12 hommes d'équipage. Progressivement améliorés, les canots deviennent insubmersibles et autoredressables. Malgré tout, ce n'était pas de la navigationde plaisance et il est bien difficile d'imaginer les sorties de ces bateaux, dans le mauvais temps, les canotiers assis sur leurs bancs, sans abri, souquant sur les avirons, engoncés dans un ciré d'épaisse toile huilée et dans une brassière en plaques de liège rigide.

Se succèderont :

  • Sainte Marie (1866-1898)
  • Amiral Lalande (1898-1904), en photo ci-contre
  • Amiral Barrera (1904-1931)

Le premier canot à moteur arrivera en 1931 : Vice amiral Touchard I (1931-1952).

Il sera suivi par le Vice Amiral Touchard II (1952-1961) puis le Patron François Hervis (1961-1979), en photo ci-contre.

 

Ces canots auront sensiblement la même allure : coques de 13 mètres, entièrement pontées, deux ou trois roofs, arrière norvégien etbénéficieront des améloirations en rapport avec les progrès techniques. Le premier moteur de 40 chevaux est unique puis il sera remplacé successivement par 2 moteurs de 38 chevaux, passant à 45, 75 puis 140 chevaux pour enfin atteindre 2 moteurs de 280 chevaux pour la dernière refonte du Patron François Hervis. Les bateaux seront peu à peu dotés d'équipements performants type : canon porte-amarre, barre hydraulique, radiogoniomère, appareils de radiophonie, radar, etc.

Le Ville de Paris est entré en service en janvier 1980. Il remplace le Patron François Hervis, sérieusement endommagé lors du sauvetage de l'escorteur Duperré.

En partie financé par la Mairie de Paris, il est baptisé le 9 juillet 1980 en présence de Monsieur Jacques Chirac, Maire de Paris, la marraine étant Madame de Hautecloque, adjointe au Maire de la capitale.

Grand canot tous temps, il a l'allure générale d'une vedette rapide : un aspect très différent de ses prédécesseurs. Long de 17 mètres, coque en plastique, le Ville de Paris peut atteindre la vitesse de 15 noeuds grâce à 2 moteurs de 270 chevaux, performances portées à 18 noeuds par la mise en place de 2 moteurs de 360 chevaux lors de la longue refonte complète dont il bénéficie en 2002-2003. La traversée sur Audierne est ainsi réduite à 40 minutes environ.

Ses grandes dimensions font qu'il ne peut pas entrer dans l'abri où étaient hissés ses prédécesseurs. Il reste donc en permanence au mouillage sur coffre.

5 février 2016 : arrivée du nouveau canot de sauvetage "Yves et François Olivaux" (du nom de l'époux et du fils de la légataire, Nelly Olivaux)

 

coût du bateau = 1,4 million d'euros

caractéristiques du canot :
longueur = 18,75 m - largeur = 5,40 m - puissance = 2 moteurs de 650 CV chacun - vitesse = 25 noeuds

extraits de l'article du site "Mer et Marine, toute l'actualité maritime"

Ce bateau a, en effet, été conçu pour être insubmersible. Auto-redressant, son centre de gravité lui permet de reprendre sa position normale au cas où il serait amené à se retourner. Cela, en restant opérationnel grâce à l’étanchéité de sa cabine et d’équipements, y compris les moteurs, capables de rester fonctionnels après un retournement complet.Une capacité qui renforce la sécurité des sauveteurs et des occupants du canot lors des interventions par des conditions extrêmes. Car c’est bien là la spécificité des canots tous temps : pouvoir intervenir loin des côtes et quelles que soient les conditions de mer.

Un puissant bateau de près de 18 mètres

Dessiné par Pantocarène, le nouveau navire amiral de la SNSM adopte le design ORC 178.R avec un rostre devenu la marque de fabrique du cabinet d’architecture installé à Port Navalo, dans le Morbihan. Long de 17.8 mètres pour une largeur de 5.2 mètres, le canot tout temps de nouvelle génération (CTT NG) présente un tirant d’eau de 1.62 mètres. Conçu pour être robuste, très stable et manoeuvrant, ce bateau construit en composite verre/résine est puissamment motorisé. Il dispose de deux moteurs Scania de 650 cv chacun, lui permettant d’atteindre la vitesse de 25 nœuds.Prévu pour un équipage de 8 marins, il pourra accueillir jusqu’à 40 passagers, avec 15 places assises et deux espaces dédiés aux civières. « La taille de ce nouveau bateau n’est pas fondamentalement différente de celle des précédents canots tous temps. Mais il constitue une mise à niveau avec les dernières règles et normes de construction. Nous avons insisté dès sa conception sur la protection et l’amélioration des conditions d’intervention des sauveteurs. La sécurité, les conditions de vie à bord, ainsi que les capacités d’accueil de naufragés sont renforcées. De même, il dispose d’équipements modernes, en particulier l’électronique pour la détection et la navigation. Avec ce canot tous temps de nouvelle génération, nous donnons aux sauveteurs les moyens de réussir leurs missions en limitant les risques au maximum », explique Christian Helou, directeur technique de la SNSM. Ce dernier souligne par ailleurs que le CTT NG répond aux dernières normes environnementales, notamment en matière de rejets gazeux, et dispose d’un système de retraitement des eaux de cale.

 

 

Voir l'article Ouest-France du 5 février 2016

Suivre l'arrivée du canot à l'île, filmée par Jean-Marie Rohou

Article du Marin

Voir l'article Télégramme avec test de retournement filmé

 

Les sauvetages

Rechercher des sauvetages amène à rédiger une longue liste de navires et de vies humaines sauvés.

On peut cependant relever quelques exemples marquants auxquels il faudrait ajouter les très nombreux "petits" bateaux de pêche secourus.

15 décembre 1796 environ 700 rescapés à Sein
18 septembre 1835 9 rescapés
6 novembre 1875  
  • trois mâts norvégien BALTIC
12 octobre 1885 10 rescapés
  • vapeur GALDAMES
21 mars 1886

16 rescapés

16 novembre 1892 7 morts, 11 survivants
  • JOSEPHINE-HENRIETTE
25 décembre 1893 10 rescapés
15 janvier 1918  
  • cargo norvégien SOLVEIG-SKOGLAND
16 juillet 1923 35 survivants
   
  • chalutier ANNE-GASTON
15 novembre 1958 24 rescapés
6 mars1962 5 rescapés
14 novembre 1965 12 rescapés
  • voilier-école roumain MIRCEA
26 novembre 1965  
14 octobre 1976  
13 janvier 1978 environ 300 membres d'équipage et ouvriers de l'arsenal de Brest, transbordés, de nuit, dans le Raz de Sein, sur d'autres navires de la Marine Nationale
Ainsi, aujourd'hui comme autrefois, l'existence de la station de sauvetage de l'Ile de Sein est pleinement justifiée tant par sa situation de "poste avancé" au large que par la qualité de ses hommes qui connaissent parfaitement ces parages particulièrement dangereux.
Haut de page