Le port Les plages Les phares Les digues
Terminologie :"Phare, tourelle ou...." ? (extrait article Wikipédia)

Pour l'administration française, un phare est un établissement de signalisation maritime sur support fixe comportant au moins deux critères parmi les quatre ci-dessous :


· Fonction : établissement de grand atterrage ou de jalonnement (Voir Classifications des phares) ;
· Hauteur : établissement d'une hauteur totale au-dessus du sol de plus de 20 mètres ;
· Portée : établissement dont la portée est supérieure à 20 milles ;
· Infrastructure : établissement abritant dans son enceinte un ou plusieurs bâtiments du Bureau des Phares et balises.

Par définition contraire, les feux sont les autres établissements de signalisation, c'est-à-dire ceux ne remplissant pas pleinement au moins deux des critères ci-dessus énumérés.

Classification des phares (extrait article Wikipédia)

Selon leur utilité pour la navigation

Les phares de « grand atterrissage » marquent les tournants des routes de navigation (exemples : Créac'h, à Ouessant et Bishop Rock, à l'entrée de la Manche ; Gris-Nez dans le pas de Calais et Kélibia, en Tunisie) ;
Les phares et feux d'« atterrissage secondaire » ou de « jalonnement » des côtes qui précisent le tracé d'une route très fréquentée ;
Les phares et feux d'« entrée de port » balisent les estuaires et les ports20.

Selon leur portée

Le phares de « premier ordre » (60 km de portée) ;
Les phares de « second ordre » (40 km) ;
Les phares de « troisième ordre » (28 km).

Selon leur éclairage

Les phares dits « feux à secteurs » présentant différentes couleurs sur tout l'horizon (généralement blanc pour une navigation saine, selon qu'on se trouve d'un côté ou de l'autre du secteur blanc, mais ce n'est pas une norme) se distinguent des phares qui présentent une seule couleur.
Les phares dits « feux de direction » éclairant un secteur étroit (exemple : le phare de Trézien, au nord-ouest de Brest), avec le cas particulier des phares dits « feux d'alignement » qui, ensemble, indiquent en outre un axe (exemple : l'alignement de feux permettant l'accès au port du Havre), se distinguent des phares qui éclairent sur une grande partie de l'horizon20.

Selon l'intérêt pour les gardiens de phare

En fonction de la dureté des conditions de vie à l'intérieur, les gardiens de phare français désignaient les phares selon trois appellations :

Les paradis, phares situés à terre,
Les purgatoires, phares situés sur des îles,
Les enfers, phares isolés en mer, qui impliquent en plus des relèves dangereuses.

Cette classification correspondait également à une progression de carrière, qui commençait dans un enfer pour terminer dans un paradis.

 

LA VIEILLE

 

Nom breton : Ar Groac’h

Architecture :

29 janvier 1881 : après deux années d'études, le ministre des Travaux public donne son accord définitif pour la construction du phare, sur la roche de Gorlebella (= la roche la plus éloignée). L'ile de Sein servira de base, pour la direction du chantier et le stockage des matériaux.

5 août 1882 : début de la maçonnerie du soubassement

1886 : achèvement de la tour et de sa plate-forme

1887 : derniers aménagements

Phare carré, pour partie en granite de Kersanton et pour partie en granite gris de l'île de Sein.

hauteur de la tour = 27 m
niveau au-dessus de la mer = 36 m

10 mars 2008 : arrachage du "Temperley" (=mât de charge). Depuis cette date, le phare est télécommandé à partir de l'île de Sein.

Feu :

15 septembre 1887: mise en service du feu fixe à secteurs blanc, rouge, vert (combustible : huile minérale)
1898 : le feu est équipé d'un système à occultations toutes les 5 secondes (combustible: vapeur de pétrole)
1904 : le brûleur est renforcé par un brûleur à pétrole à incandescence
15 novembre 1913 : ajout d'un signal de brume
1939 : signal actuel à 3 occultations blanc, rouge et vert
21 janvier 1944 : évacuation
1er juin 1945 : feu rallumé
1992 : raccordement électrique à l'île de Sein
14 novembre 1995 : automatisation électrique


Couleur des éclats : 2 blancs, 2 rouges, 2 verts, espacés de 12 s

Portée :

éclats blancs : 17 milles nautiques (~ 31,5 km)
éclats rouges et verts : 13 milles nautiques (~ 24 km)

Position :

48°02'26" N - 4°45'23" W

A voir, filmographie : "Les Gardiens du feu", documentaire de 52 minutes sur la vie des deux gardiens du phare de la Vieille lorsqu'il était encore gardé et qu'il fonctionnait encore avec son feu au pétrole, réalisé par Jean-Yves Le Moine et Thierry Marchadier, produit par 1+1 Production en 1992

(photo Michel Bataillard)

TEVENNEC

Nom breton : Tevenneg

Architecture : (ingénieur Paul Joly)

1860 : construction préconisée par la commission des Phares

1869 : lancement du chantier (cela devait permettre d'occuper les équipes travaillant sur Ar Men lorsque celles-ci ne pouvaient pas aborder l'autre chantier)

15 mars 1875 : mise en service

Tour carrée de 11 mètres de haut et 2,40 m de côté, construite essentiellement avec les pierres extraites de l'îlot.

Particularité : une maison d'habitation pour le gardien et sa famille est accolée à la tour.

Feu - optique :

1875 : feu fixe secteur blanc et rouge
10 novembre 1898 : le feu est alimenté au gaz
7 février 1910 : automatisation
27 août 1910 : alimentation du feu au gaz propane
27 août 1939 : un feu auxiliaire directionnel scintillant, secteurs blanc et rouge, est installé au sommet de la tourelle
octobre 1994 : installation de panneaux solaires pour l'alimentation électrique du phare

Portées :

  • éclats blancs = 9 milles nautiques (=16,5 km environ)
  • éclats rouges = 6 milles nautiques (= 11 km environ)

Position :

48°4’17’’ N et 04°47’43’’ W

(photo Michel Bataillard)

 

 

 

Retrouvez l'article complet de Wikipédia sur Tévennec

GRAND PHARE DE SEIN - GOULENEZ

Nom breton : Goulenez (Goul Enez)

Quelques dates repères

1839 : mise en service du 1er phare

Fut tronconique construit en granit, le 1er phare de Sein fonctionnait à l'huile de colza.

4 août 1944 : dynamité par les Allemands lors de leur départ de l'île qu'ils occupaient depuis 1940 (l'optique avait été démontée)

juin 1945 : un feu à gaz fut allumé au sommet de l'un des 2 pylônes métalliques

mars 1946 : le feu à gaz est remplacé par un feu électrique

1950 : construction du nouveau phare, en béton (hauteur de la tour = 51 m)

1951 : mise en service et allumage le 16 février 1952

Feu

  • 4 éclats blancs, espacés de 25 secondes (Optique tournante de 4 panneaux au 1/8 de focale 0, 92 m sur cuve à mercure - 1952).
  • portée : 27,5 milles nautiques (= 51 km environ)
  • lampe : 400 W (changée tous les 2 ans à la date du 15 septembre)

Radiogoniométrie arrêtée le 1er janvier 2000 à 14 heures
Enlèvement des 2 pylônes de radiophare en 2006.

Particularité

Abritant la centrale électrique où 3 groupes électrogènes fournissent l'électricité nécessaire à la vie des îliens autant qu'à l'éclairage de la lanterne, c''est sans doute la nécessité de surveillance de cette centrale électrique (les agents EDF les plus proches sont à Douarnenez) qui a permis le maintien des gardiens sur place plus longtemps que dans les autres phares. Cette particularité a cependant pris fin depuis le 23 décembre 2015, date de départ des derniers gardiens...

Position

48°02'37''N - 4°52'01''W

Statut patrimonial
Inscrit MH (voir l'arrêté 31 décembre 2015)

 

 

Cuve à mercure : 1952.
.

249 marches à gravir pour découvrir la vue panoramique !

Historique (texte extrait du site ci-dessous référencé de la Direction Interrégionale de la Mer Nord-Atlantique Manche-Ouest)

Le premier phare


Construit en granit rose, il est allumé le 15 mai 1839 au sommet d’une tour cylindrique en maçonnerie sur soubassement de 43 m de hauteur. L’adjudication est approuvée le 2 août 1836 au profit de l’entrepreneur morlaisien Michel Piquemard, sous la responsabilité de l’ingénieur de Kermel.
En 1876, la partie supérieure de la tour est peinte en noir sur 12 mètres de hauteur.
En 1896, une usine de fabrication de gaz d’huile est construite.

Combustibles :
Huile végétale : 1839.
Huile minérale : vers 1875.
Gaz d'huile : 1897.
Vapeur pétrole : 1903

 

En juin 1911, les premiers radio-phares sur les côtes françaises reçoivent leurs indicatifs radios et travaillaient entre les longueurs d’ondes 80 à 150 mètres. Ces radio-phares créés par André Blondel balisaient l'entrée du port de Brest : le radio-phare sur le phare de l'île de Sein avait l'indicatif radio S ••• (et sur l'île d’Ouessant le phare du Stiff avait l'indicatif radio O ---), ces deux radio-phares travaillaient sur la longueur d'onde de 150 mètres (2 MHz) par émetteur à ondes amorties (cf article Wikipédia)


En 1932, la centrale électrique est construite.
En 1935, deux pylônes de 42 mètres de hauteur sont construits pour supporter les antennes du radio-phare et du poste de radiotéléphonie (ils seront démontés en 2006)
Le 15 décembre 1935, le feu est électrifié.
Le 4 août 1944, les Allemands le détruisent et une pierre de ce phare sera remise par les îliens au Général de Gaulle qui, en août 1946, était venu remettre la Croix de la Libération à la commune de Sein. Cette pierre sert de socle à l’effigie du Général sous les fenêtres de sa maison natale à Lille.
Un des pylônes est utilisé pour l’installation provisoire d’un feu qui fonctionna sans aucune défaillance jusqu’à la mise en service d’un feu définitif sur la nouvelle tour dont la construction a commencé en 1949.

Le deuxième phare


La tour est reconstruite avec une hauteur identique à celle de la tour détruite, soit 43 mètres au dessus du sol et sur les anciennes fondations.
La forme intérieure est un cylindre de 3.50 mètres de diamètre de la base au sommet, le parement extérieur est celui d’un tronc de cône, dont le diamètre extérieur est de 6.25 mètres à la base et de 4.50 mètres au sommet. Un empâtement de 8.20 mètres de diamètre raccorde la tour avec le soubassement.
L’escalier d’accès à la lanterne est en béton armé. Les quantités de béton mises en œuvre ont été de l’ordre de 1 800 m3 pour un poids total d’armatures inférieur à 40 000 kg, ce qui donne un pourcentage d’acier très réduit : le bâtiment des logements est agrandi pour abriter des logements plus vastes, des ateliers et des locaux techniques.
Un autoclave de désalinisation d’eau de mer alimentant les habitants en eau douce fut à l'origine situé dans l'enceinte du Phare (aujourd'hui, le nouvel osmoseur assurant la désalinisation de l'eau de mer se situe dans le bâtiment de l'ancienne écloserie à homards). La centrale électrique fournissant le courant électrique se situe dans le Phare.

Départ des derniers gardiens (Jacques Crenn et Michel Rozenn) : mercredi 23 décembre 2015

 

Vue du Phare de Goulenez depuis la Chaussée de Sein
L'ancien phare de Sein et reconstruction  

Visitez le site de la Direction Interrégionale de la Mer Nord Atlantique-Manche Ouest

Voir l'article complet et très instructif sur les Phares, Wikipédia

AN NAMOUIC (tourelle entre le Phare de Sein et Ar Men)
AR MEN

Nom breton : Ar Men (= la pierre, la roche, le rocher) - situé à environ 6 milles nautiques de l'île de Sein (= 12 km)

Architecture

Tour tronconique en maçonnerie de pierre de taille de grès et de granite, blanchie dans sa partie supérieure et peinte en noir dans sa partie inférieure.
hauteur au-dessus de la mer = 33,50 m

hauteur de la focale = 33,50 m

Travaux de construction

1860 : 1ère campagne de prospection

1867 : début des travaux (la première étape consistant à percer des trous dans la roche pour y sceller des barres de fer qui serviront à fixer la maçonnerie.) A noter que pour 100 heures de service, il n'y aura que 8 heures de travail effectif et 40 trous percés, tant les conditions sont difficiles.

1868 : 18 heures de travail effectif, 40 trous percés

mai 1869 : les premières pierres (en granite de Kersanton, réputé pour sa dureté) sont enfin posées.

Certaines années, les accostages seront à peine plus nombreux qu'au début des travaux, avec souvent l'obligation de refaire en début de saison ce que tempêtes et déferlantes auront détruit durant l'hiver.

18 février 1881 : le feu est testé

30 août 1881 : mise en service officielle, après 14 années de travaux, au péril des bâtisseurs. Mais le chantier n'est pas tout à fait achevé : les ingénieurs de la commission de Phares s'inquiètent de la stabilité du Phare, compte tenu du rapport entre sa hauteur et son embase et de l'assaut permanent des vagues. Léon Bourdelles, directeur des Phares, décide d'entreprendre les travaux nécessaires.

1897-1902 : nouvelle campagne de travaux pour renforcer la base du phare.

Feu

  • 1er octobre 1897 : gaz d'huile (fabriqué à l'île de Sein)
  • 1903 : vapeur de pétrole
  • 1988 : électrification (lampe halogène de 250 W)
  • 1990 : automatisation (1er phare automatisé). La dernière relève eut lieu le 10 avril 1990 (Daniel Tréanton et Michel Le Ru)
  • suppression du signal sonore : arrêté du 25 octobre 2001

Optique

  • 31 août 1881 : feu fixe blanc
  • 1er janvier 1892 : feu fixe varié par de courtes occultations toutes les 5 secondes.
  • 1er octobre 1897 : feu à 3 éclats groupés toutes les 20 secondes. Cuve à mercure installée cette même année.
  • 10 avril 1990 : feu blanc à 3 éclats groupés toutes les 20 secondes. Optique tournante de 6 panneaux au 1/6. (0,25 m de focale)
  • portée actuelle : 23,5 milles nautiques (=43,5 km)
  • Lentille : Fresnel
  • Position : 48°3'3" N - 04°59'9" W

Pour retrouver l'article complet Wikipédia sur la construction du phare, la vie quotidienne des gardiens et les périls de leur relève

Pour visionner le séjour de Jean-Pierre Abraham au Phare d'Ar Men

A voir, filmographie : "Il était un phare", documentaire de 52 minutes sur Ar-Men, le phare de l'enfer et Kéréon, le palace des océans, entre autres, réalisé par Thierry Marchadier, produit par 1+1 Production en 2000
 
Après un bon nettoyage, en 2012...

L'île de Sein vue depuis Ar Men (septembre 2012)

au premier plan : le phare d'Ar Men - à droite, la tourelle An Namouic
à l'arrière-plan : le phare de Goulenez à la pointe occidentale de l'île et la tourelle du Gueveur, à l'opposé.

Pour un circuit des Phares, vous pouvez contacter la compagnie "Farandole"

 

Retrouvez les photographies des phares et balises autour de l'île de Sein, réalisées par Michel Bataillard.
Visitez son site (vous pouvez commander en ligne posters et photographies)

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